CRM pour mandataires (MIA) et réseaux de courtage
Mandataires d'intermédiaire, réseaux, groupements : responsabilité du mandant, ORIAS, cloisonnement, conformité de l'équipe et ce qu'un CRM doit gérer.
Par Kevin Jarmoune, courtier en assurance et fondateur de KREDEX
De nombreux cabinets de courtage se développent en s'appuyant sur des mandataires d'intermédiaire d'assurance (MIA) : des indépendants qui distribuent pour le compte du cabinet, avec ses compagnies et ses outils. D'autres structures vont plus loin et organisent un réseau de plusieurs agences ou de plusieurs cabinets. Dans les deux cas, l'outil commercial doit répondre à une question que le courtier seul ne se pose pas : comment encadrer l'activité de personnes qui ne sont pas salariées, sans perdre la maîtrise du portefeuille ni de la conformité ?
Qu'est-ce qu'un mandataire d'intermédiaire d'assurance ?
Le MIA est l'une des catégories d'intermédiaires du registre tenu par l'ORIAS. Il agit au nom et pour le compte d'un autre intermédiaire, courtier ou agent général, qui est son mandant. Il reste un travailleur indépendant : il n'est pas salarié du cabinet, mais il distribue les contrats que le cabinet lui permet de proposer.
Pour exercer, le mandataire doit lui aussi être immatriculé, remplir la condition d'honorabilité et justifier du niveau de capacité professionnelle correspondant à sa catégorie. Lorsqu'il est mandataire d'un courtier, il adhère à une association professionnelle agréée par l'ACPR. Les différences entre statuts sont détaillées sur notre site partenaire : MIA, MA ou courtier : quelles différences de statut.
Pourquoi le mandant doit-il garder la main ?
Parce qu'il en répond. L'article L. 511-1 du Code des assurances prévoit que l'employeur ou le mandant est civilement responsable du dommage causé par la faute, l'imprudence ou la négligence de ses employés ou mandataires agissant en cette qualité. Un défaut de conseil commis par un mandataire engage donc le cabinet.
Le mandant a aussi des obligations envers l'ORIAS : tout intermédiaire qui délivre un mandat à un MIA doit notifier ce mandat dès sa prise d'effet, ainsi que sa cessation (article R. 512-5 du Code des assurances, rappelé dans le guide d'inscription de l'ORIAS). Le suivi des mandats en cours n'est donc pas qu'une question d'organisation interne.
Que doit voir un mandataire, et que doit voir le cabinet ?
C'est la question centrale du cloisonnement. Le mandataire a besoin de ses prospects, de ses clients, de son agenda et de ses documents. Il n'a pas besoin de voir le portefeuille des autres mandataires, et il ne doit pas pouvoir emporter la base du cabinet en partant. Le cabinet, lui, doit voir l'ensemble : l'activité de chacun, les dossiers en cours, les contrats signés.
- Un espace isolé par cabinet, sans aucun croisement de données avec une autre structure.
- Des permissions par rôle : le mandataire voit ses fiches, le chef d'équipe son équipe, le dirigeant tout le cabinet.
- Des fiches qui restent dans le CRM du cabinet lorsqu'un mandataire cesse son activité, avec leur historique.
- Un export complet réservé à la direction, plutôt que des extractions faites par chacun.
Comment contrôler la conformité d'un réseau de mandataires ?
Le cabinet ne peut pas relire tous les dossiers de tous ses mandataires. Il doit en revanche pouvoir repérer ceux qui posent problème avant la souscription, pas au moment d'une réclamation. Le moyen le plus efficace est un circuit de validation : le mandataire soumet son devoir de conseil, une personne habilitée du cabinet le valide ou le refuse.
Les documents doivent par ailleurs être homogènes. Si chaque mandataire utilise son propre modèle de DER ou de recueil des besoins, les mentions obligatoires finissent par diverger. Générer ces documents depuis le CRM du cabinet garantit qu'ils portent tous les bonnes mentions, dont le numéro ORIAS. Voir Digitaliser DER, lettre de mission et recueil des besoins.
La formation continue entre aussi dans ce suivi : la DDA impose au moins quinze heures de formation par an aux personnes qui distribuent des produits d'assurance. Un module de formation intégré aide à organiser et à tracer ces parcours.
Comment intégrer un nouveau mandataire ?
L'arrivée d'un mandataire est un moment à risque : il doit être opérationnel vite, mais il ne connaît encore ni les compagnies du cabinet, ni ses modèles de documents, ni ses règles de prospection. Un parcours d'intégration écrit, toujours le même, évite que chacun invente sa méthode.
- Vérifier l'immatriculation ORIAS, la capacité professionnelle et l'adhésion à l'association avant tout premier rendez-vous.
- Ouvrir son accès au CRM avec le bon rôle, et lui attribuer ses premières listes.
- Lui présenter les modèles de documents du cabinet et le circuit de validation du devoir de conseil.
- Prévoir un point régulier les premières semaines, appuyé sur ses statistiques d'appels et de rendez-vous.
Comment répartir les prospects entre mandataires ?
Dans un réseau, les prospects arrivent de sources multiples : fichiers achetés, recommandations, formulaires, apporteurs. Sans règle, deux mandataires appellent le même contact et le cabinet donne une image désastreuse. Les listes de prospection attribuées par personne ou par équipe, avec un historique de chaque tentative, évitent ces collisions. Notre guide Prospection téléphonique du courtier détaille la méthode.
Comment gérer la rémunération des mandataires ?
Les commissions sont versées par les compagnies au cabinet, qui en reverse une part au mandataire selon la convention de mandat. Le cabinet doit donc rapprocher chaque bordereau des contrats signés, puis calculer ce qui revient à chacun selon son taux. Quand deux personnes signent ensemble, la répartition doit être prévue dès la saisie. Le détail du circuit est dans Bordereaux de commissions.
Et quand le réseau compte plusieurs agences ou plusieurs cabinets ?
Au-delà d'une agence, il faut pouvoir lire l'activité par agence et par équipe, consolider au siège, et parfois offrir à chaque entité un outil à ses couleurs. Les réseaux et groupements ont aussi besoin d'une séparation stricte entre structures juridiquement distinctes : un cabinet membre ne doit jamais voir les données d'un autre.
Ce que KREDEX apporte aux cabinets qui travaillent avec des mandataires
Chaque cabinet dispose d'un espace isolé, avec cinq niveaux de permissions. Le plan Premium couvre jusqu'à 50 utilisateurs et 10 agences, avec le multi-agences, le dashboard dirigeant, les statistiques par agence et par équipe, la supervision en temps réel et la qualification des appels. Son module Administratif réunit le recrutement (pipeline de candidats et planning d'entretiens), l'entraide de l'équipe et le suivi du devoir de conseil, validé ou refusé par le secrétariat. Le module Formation et la gamification y sont aussi inclus.
Côté rémunération, les bordereaux et commissions sont inclus dès le plan Business ; les taux de reversement sont réglés par commercial et restent confidentiels. Pour les réseaux et groupements, le plan Enterprise, sur devis, ajoute la marque blanche avec domaine dédié et une instance isolée. Voir la page CRM cabinet de courtage multi-agences, les tarifs et les fonctionnalités.
Questions fréquentes
Le cabinet est-il responsable des erreurs de ses mandataires ?
Oui. L'article L. 511-1 du Code des assurances rend le mandant civilement responsable du dommage causé par la faute, l'imprudence ou la négligence de ses mandataires agissant en cette qualité.
Faut-il déclarer ses mandataires à l'ORIAS ?
Oui. L'intermédiaire qui délivre un mandat à un MIA doit le notifier à l'ORIAS dès sa prise d'effet, ainsi que sa cessation (article R. 512-5 du Code des assurances).
Un mandataire peut-il voir les clients des autres mandataires ?
Pas dans KREDEX, sauf si son rôle le prévoit : un commercial voit ses propres fiches, un chef d'équipe celles de son équipe, le dirigeant l'ensemble du cabinet.
Que deviennent les fiches d'un mandataire qui quitte le cabinet ?
Elles restent dans le CRM du cabinet, avec leur historique et leurs documents. Le cabinet peut les réattribuer à un autre membre de l'équipe.
Quel plan KREDEX pour un réseau de mandataires ?
Le plan Premium (699 € par mois et par cabinet, 50 utilisateurs, 10 agences) inclut le module Administratif, la supervision et les statistiques par agence. Au-delà, le plan Enterprise est sur devis.
Combien d'heures de formation un mandataire doit-il suivre ?
Au moins quinze heures par an, comme toutes les personnes qui distribuent des produits d'assurance au titre de la DDA.
Rédigé par Kevin Jarmoune, fondateur de KREDEX et courtier en assurance. Pour aller plus loin : les fonctionnalités de KREDEX, les tarifs et le comparatif avec les autres CRM.
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